Les incivilités numériques au travail. Une définition par les professionnels de la SQVT

Aurélie Laborde, membre du projet Civilinum, copilote le groupe de travail “prévention des incivilités numériques” dans le cadre des diagnostics croisés organisés par le Réseau SQVT.

Ce groupe de travail, composé de professionnels, vise à définir le périmètre des incivilités numériques, déterminer des éléments de diagnostic et proposer des bonnes pratiques. Les premiers jalons de cette recherche-action sont synthétisés dans un document de cadrage disponible ici.

Extrait : “Refuser la banalisation de la violence numérique constitue un autre enjeu identifié par le groupe. Nous avons en effet montré, à travers les différents témoignages, que le niveau de tolérance à la violence était beaucoup plus important dans les échanges via les médias numériques. Certains médias comme le tchat paraissent même associés à un très haut niveau de tolérance. Cette banalisation de la violence semble liée à une autre tendance observée, celle de la déshumanisation de la relation numérique. Celle‐ci est à la fois portée par une conception managériale et exacerbée par les échanges numériques. La relation « à distance », « désincarnée », tendrait ainsi à gommer l’humanité de l’échange et les codes qui lui sont associés. Les interlocuteurs oubliant ainsi « l’humain derrière la machine », pensant – quelquefois sincèrement – avoir affaire à des robots.

La perméabilité entre incivilités numériques et incivilités IRL (in real life) nous a aussi semblé un point important à mettre en avant. L’effet spirale entre les différentes formes de communication et le possible engrenage des incivilités doit ici être pris en compte, empêchant de dissocier strictement les différentes formes de communication (internes, externes, et présentielles ou numériques).”

Avis de publication : courrier électronique et risques professionnels

Les risques liés aux usages internes du courrier électronique : quels enjeux pour la qualité de vie au travail ?

Article publié par Aurélie Laborde dans la revue de l’Anact

Disponible ici.

Extrait : ” Les cadres sont plus nombreux à déclarer être agacés voire excédés par certaines pratiques. Il semble que plus on monte dans la hiérarchie, plus l’agacement s’intensifie, notamment concernant la mise en copie abusive, l’absence de formules de politesse, les fautes d’orthographe, l’excès de pièces jointes et l’agressivité. Le questionnaire et les groupes de discussions ont permis d’identifier un ensemble de problématiques concrètes qui appellent un cadrage organisationnel. Les problèmes rencontrés peuvent être hiérarchisés différemment selon les individus mais un consensus apparaît sur les principaux dysfonctionnements et sur la nécessité de donner un cadre. Ils se divisent en deux grandes catégories : la forme des messages, d’une part (contenus ou formes inappropriés), et les mésusages (usages inappropriés), d’autre part.”

 

 

Avis de publication : livre sur les risques psychosociaux

Psychosocial Risks in Labour and Social Security Law

Auteur : Loïc Lerouge

Résumé : This book studies a range of legal systems and compares them on their ability to deal with psychosocial risksat work. The book looks at prevention of psychosocial risks from a labor law perspective and at compensation and reparation from a social security law perspective. It pays special attention to the topic of bullying in the work place, which is currently the subject of most legal summons.

This book presents the views on the subject from leading national and international experts and provides an in-depth coverage of legal systems used in Southern and Northern European countries, as well as Canada and Japan to deal with this topic.

The topic of psychosocial risks at work has received much attention recently, both from the general public, the press, and those working in the legal arena. It is difficult for lawyers to deal with the issue of psychosocial risks at work due to the multifactorial and subjective features involved.

Avis de publication : article sur les incivilités par messagerie électronique

Les incivilités numériques par messagerie électronique

Article rédigé par Delphine Dupré.

Disponible ici

Extrait : “Les travaux disponibles sur la messagerie font état d’une disparition des formules traditionnelles de politesse. Ces recherches font référence plus ou moins implicitement aux travaux de Goffman. Dans son ouvrage paru en 1974, le sociologue insiste sur l’importance des marques rituelles de courtoisie pour préserver la face des interactants lors d’une conversation. L’aspect très « dépouillé » de la majorité des mails révèle le primat de la rapidité de la communication sur la qualité de l’attention portée à sa forme (Bailly et al., 2002). Gramaccia (2013) explique ce constat par le fait que les usagers se sentent moins contraints par les codes de réciprocité et de courtoisie qui structurent traditionnellement les relations hors ligne.”

Point sur la surveillance numérique des communications privées des salariés

Article intéressant qui synthétise le droit européen et français concernant la surveillance de l’activité numérique des salariés.

Extrait :

“Tant que l’utilisation d’Internet à des fins personnelles n’affecte ni la productivité, ni la sécurité des réseaux, elle est tolérée par les tribunaux français. Le contrôle de l’utilisation d’Internet et de la messagerie par l’employeur peut avoir pour but d’assurer la sécurité des réseaux (détection de virus, cheval de Troie) ou de filtrer les sites pour limiter les risques d’abus d’une utilisation trop personnelle (messagerie privée, achats, discussions sur les réseaux sociaux). L’objectif de sécurité des systèmes d’information est d’ailleurs devenu plus prégnant depuis la vague de cyberattaques (…)”

 

Avis de publication : ouvrage

La laisse électronique Les cadres débordés par les TIC

L’activité numérique des cadres sur leurs différents terminaux électroniques mobiles s’intensifie au rythme des nouvelles injonctions à communiquer des organisations contemporaines. Connectés, hyper connectés, débordés, comment les cadres vivent-ils leurs pratiques des outils de communication mobiles? Comment font-ils face à ce qui est parfois évoqué comme une “laisse électronique” ? À travers plusieurs enquêtes qualitatives, auprès des cadres, des directeurs des Ressources Humaines et de responsables syndicaux, cet ouvrage dresse un panorama nuancé des pratiques et des usages numériques dans ls entreprises contemporaines. À la veille de l’édification du Droit à la Déconnexion (issue de l’article 55 de la Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016), ce livre apporte un double éclairage : d’une part, il rend compte du sens des pratiques numériques mises en oeuvre par les individus et collectifs de travail pour mener à bien leur activités quotidiennes, et, d’autre part, il pointe les écueils d’uneforte prescription des usages technologiques, en termes d’appropriation, de liberté et d’autonomie dans le travail.

Auteur-e-s

Carayol Valérie, Soubiale Nadège, Felio Cindy, Boudhokhane-Lima Feirouz

Avis de publication : article

Le droit à la déconnexion “à la française”

Article publié par Loic Lerouge

Article disponible en ligne : Ici

Premières lignes

“Outre la charge de travail qui augmente rendant parfois impossible la réalisation des objectifs assignés au travailleur pendant son temps de travail, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont participé à l’augmentation de la productivité tout en intensifiant le travail. Les TIC ont dans le même temps considérablement accéléré le décloisonnement entre la vie professionnelle et la vie personnelle…”

 

 

 

 

 

 

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