Tables rondes sur la prévention des incivilités numériques

Les 5 et 6 juillets derniers, une partie des membres de l’équipe Civilinum se sont retrouvés dans les locaux bordelais du réseau Les Entreprises Pour la Cité pour l’animation de 6 tables rondes.

22 intervenants, professionnels et chercheurs, ont participé à ces tables rondes et se sont exprimés sur les thématiques suivantes : Quelles sont les principales formes d’incivilités numériques qui surviennent dans les relations internes ? Dans les relations avec les publics externes ? Pourquoi s’en préoccuper ? comment les identifier ? Comment les prévenir ?

L’objectif de ces tables rondes est d’alimenter un livre blanc sur “la prévention des incivilités numériques” qui sera publié fin 2018. Ce document consistera en une synthèses des échanges et comprendra des exemples d’incivilités numériques, des méthodes d’analyse et d’identification, des bonnes pratiques etc. Il vise à sensibiliser les organisations et à fournir des éléments de cadrage et d’identification pour l’action.

Image issue du compte Twitter du réseau Les Entreprises Pour la Cité

Etats Généraux sur les cyberviolences

Jeudi 14 juin dernier se sont déroulés à l’Assemblée Nationale les Etats Généraux sur les cyberviolences. Les interventions avaient pour but de répondre à la question suivante : comment faire concrètement reculer la haine sur Internet ? Cette thématique s’inscrit parfaitement dans les axes de recherche du programme Civilinum.

Les deux tables rondes organisées dans le cadre de ces Etats Généraux étaient composées d’avocats, mais également d’acteurs issus du milieu associatif, institutionnel et professionnel.

Les retours d’expérience de la première table ronde visaient à identifier et à mieux comprendre les différentes formes de violences qui sévissent sur le web. Pour commencer, il a été rappelé que les projets des fondateurs d’Internet, tels que la création d’un espace égalitaire, démocratique et dénué de discrimination, ont été “pervertis”. Internet est devenu un lieu où la haine se propage sans réelle entrave. Chiffres à l’appui, l’ampleur du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme, de l’homophobie et du complotisme qui se déploient sur la toile a été pointée. Les trois grandes plateformes les plus touchées seraient Facebook, Twitter et Youtube. S’ils peuvent concerner n’importe quel citoyen, ces phénomènes affectent particulièrement les jeunes. En raison de leur âge, ils manquent de recul critique et d’éducation aux “bons usages” du numérique. Les intervenants s’accordent sur la caractère inadapté du qualificatif “virtuel”, ces violences en ligne engendrant des dommages bien réels chez les victimes qui les subissent.

Les intervenants de la deuxième table ronde se sont attelés à recenser les différentes mesures existantes et à formuler des pistes de réflexion pour de futures méthodes de régulation. des initiatives prometteuses, entreprises autant par les plateformes concernées que par les acteurs associatifs et institutionnels, ont été présentées. Il a cependant été rappelé que les machines, et particulièrement l’intelligence artificielle, ne sauraient, à elles seules, venir à bout de la violence haineuse en raison de l’ambiguïté de certaines de ces manifestations. D’autre part, les associations ne disposent pas des moyens humains et financiers pour prendre en charge l’ensemble des signalements. Le traitement de ce phénomène doit donc être soutenu par un cadre législatif solide et cohérent. Or, la lenteur de l’adaptation du droit aux avancées technologiques et sa difficulté à saisir la dimension internationale de la cyber haine ont été soulignées. La réponse réside également dans la prévention via la sensibilisation, la formation et “l’éducation à la citoyenneté numérique”. Enfin, l’importance des “contre-discours” et des compétences des modérateurs a été mise en évidence.

Pour plus d’informations, nous vous conseillons de consulter le site web de RespectZone, co-organisateur de l’évènement.

 

11ème congrès international sur le harcèlement au travail

Loïc Lerouge, membre du projet Civilinum, organise avec le laboratoire COMPTRASEC (UMR 5114 CNRS-Université de Bordeaux) et Marie-France Hirigoyen le 11ème congrès international sur le harcèlement au travail.

 

Ce congrès se déroulera du 5 au 8 juin 2018 à Bordeaux

 

L’objectif est de mieux connaître le harcèlement au travail dans le cadre d’un monde et d’un contexte de travail en changement. Le but sera d’explorer la complexité de ce phénomène en prenant en compte les transformations du travail (nouvelles formes de travail, nouvelles organisations, nouvel environnement), et les mutations de la société moderne, en somme “mieux connaître le harcèlement au travail dans un monde en mutation.”

De nombreux échanges seront possibles au travers de 200 interventions venant de 46 pays différents.

Toutes les informations disponibles ici.

 

Les incivilités numériques au travail. Une définition par les professionnels de la SQVT

Aurélie Laborde, membre du projet Civilinum, copilote le groupe de travail “prévention des incivilités numériques” dans le cadre des diagnostics croisés organisés par le Réseau SQVT.

Ce groupe de travail, composé de professionnels, vise à définir le périmètre des incivilités numériques, déterminer des éléments de diagnostic et proposer des bonnes pratiques. Les premiers jalons de cette recherche-action sont synthétisés dans un document de cadrage disponible ici.

Extrait : “Refuser la banalisation de la violence numérique constitue un autre enjeu identifié par le groupe. Nous avons en effet montré, à travers les différents témoignages, que le niveau de tolérance à la violence était beaucoup plus important dans les échanges via les médias numériques. Certains médias comme le tchat paraissent même associés à un très haut niveau de tolérance. Cette banalisation de la violence semble liée à une autre tendance observée, celle de la déshumanisation de la relation numérique. Celle‐ci est à la fois portée par une conception managériale et exacerbée par les échanges numériques. La relation « à distance », « désincarnée », tendrait ainsi à gommer l’humanité de l’échange et les codes qui lui sont associés. Les interlocuteurs oubliant ainsi « l’humain derrière la machine », pensant – quelquefois sincèrement – avoir affaire à des robots.

La perméabilité entre incivilités numériques et incivilités IRL (in real life) nous a aussi semblé un point important à mettre en avant. L’effet spirale entre les différentes formes de communication et le possible engrenage des incivilités doit ici être pris en compte, empêchant de dissocier strictement les différentes formes de communication (internes, externes, et présentielles ou numériques).”

Avis de publication : courrier électronique et risques professionnels

Les risques liés aux usages internes du courrier électronique : quels enjeux pour la qualité de vie au travail ?

Article publié par Aurélie Laborde dans la revue de l’Anact

Disponible ici.

Extrait : ” Les cadres sont plus nombreux à déclarer être agacés voire excédés par certaines pratiques. Il semble que plus on monte dans la hiérarchie, plus l’agacement s’intensifie, notamment concernant la mise en copie abusive, l’absence de formules de politesse, les fautes d’orthographe, l’excès de pièces jointes et l’agressivité. Le questionnaire et les groupes de discussions ont permis d’identifier un ensemble de problématiques concrètes qui appellent un cadrage organisationnel. Les problèmes rencontrés peuvent être hiérarchisés différemment selon les individus mais un consensus apparaît sur les principaux dysfonctionnements et sur la nécessité de donner un cadre. Ils se divisent en deux grandes catégories : la forme des messages, d’une part (contenus ou formes inappropriés), et les mésusages (usages inappropriés), d’autre part.”

 

 

Avis de publication : livre sur les risques psychosociaux

Psychosocial Risks in Labour and Social Security Law

Auteur : Loïc Lerouge

Résumé : This book studies a range of legal systems and compares them on their ability to deal with psychosocial risksat work. The book looks at prevention of psychosocial risks from a labor law perspective and at compensation and reparation from a social security law perspective. It pays special attention to the topic of bullying in the work place, which is currently the subject of most legal summons.

This book presents the views on the subject from leading national and international experts and provides an in-depth coverage of legal systems used in Southern and Northern European countries, as well as Canada and Japan to deal with this topic.

The topic of psychosocial risks at work has received much attention recently, both from the general public, the press, and those working in the legal arena. It is difficult for lawyers to deal with the issue of psychosocial risks at work due to the multifactorial and subjective features involved.

Avis de publication : article sur les incivilités par messagerie électronique

Les incivilités numériques par messagerie électronique

Article rédigé par Delphine Dupré.

Disponible ici

Extrait : “Les travaux disponibles sur la messagerie font état d’une disparition des formules traditionnelles de politesse. Ces recherches font référence plus ou moins implicitement aux travaux de Goffman. Dans son ouvrage paru en 1974, le sociologue insiste sur l’importance des marques rituelles de courtoisie pour préserver la face des interactants lors d’une conversation. L’aspect très « dépouillé » de la majorité des mails révèle le primat de la rapidité de la communication sur la qualité de l’attention portée à sa forme (Bailly et al., 2002). Gramaccia (2013) explique ce constat par le fait que les usagers se sentent moins contraints par les codes de réciprocité et de courtoisie qui structurent traditionnellement les relations hors ligne.”

Point sur la surveillance numérique des communications privées des salariés

Article intéressant qui synthétise le droit européen et français concernant la surveillance de l’activité numérique des salariés.

Extrait :

“Tant que l’utilisation d’Internet à des fins personnelles n’affecte ni la productivité, ni la sécurité des réseaux, elle est tolérée par les tribunaux français. Le contrôle de l’utilisation d’Internet et de la messagerie par l’employeur peut avoir pour but d’assurer la sécurité des réseaux (détection de virus, cheval de Troie) ou de filtrer les sites pour limiter les risques d’abus d’une utilisation trop personnelle (messagerie privée, achats, discussions sur les réseaux sociaux). L’objectif de sécurité des systèmes d’information est d’ailleurs devenu plus prégnant depuis la vague de cyberattaques (…)”

 

Droit à la déconnexion et norme du “salarié idéal”

Extrait : “Le problème n’est pas le droit à la déconnexion, on se trompe sans doute de cible en incriminant l’outil, le smartphone n’a jamais obligé un cadre à se connecter. L’enjeu est bel et bien se départir de la norme du salarié idéal. Si la culture de l’entreprise et des équipes managériales encourage à s’investir dans le travail aux dépens des autres domaines de vie, la loi sera inefficace pour nos cadres hyperconnectés (d’autant qu’aucune sanction n’est prévue si les négociations n’aboutissent pas ou si aucune charte n’est publiée…).”

 

Le droit à la déconnexion : vers une remise en question de la norme du « salarié idéal » ? https://t.co/qfaD8qnaHU via @FR_Conversation

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