Le numérique : nouvelles sources d’incivilités au travail

L’ouvrage collectif sur les incivilités numériques au travail vient de paraître.

Cet ouvrage collectif, coordonné par Aurélie Laborde du laboratoire MICA, est né d’un partenariat entre des chercheurs du projet Civilinum et des professionnels membres du réseau SQVT Nouvelle-Aquitaine et du réseau Les entreprises pour la Cité (LepC).

Cet ouvrage a pour vocation de faire un point sur le phénomène des incivilités numériques au travail et de sensibiliser les professionnels à leur identification et leur prévention. Il propose un ensemble de pistes de réflexion, de repères et d’exemples concrets produits à partir de deux ans de rencontres entre chercheurs et professionnels sur le sujet.

Les données et les éléments d’analyse proposés dans cet ouvrage sont issus de séances de travail, d’enquêtes et de focus-groupes qui ont mobilisés :

  • Une vingtaine de professionnels (responsables des Ressources Humaines, chargés de mission Santé, Sécurité, SQVT, juristes, responsables des relations clients, etc.)
  • Des chercheurs du programmes Civilinum

Vous trouverez dans ce document :

  • Des exemples d’incivilités numériques qui peuvent survenir tant dans les relations internes que lors des échanges avec les publics externes
  • Des propositions de méthodes pour effectuer un diagnostic
  • Des propositions de bonnes pratiques
  • Un cadre juridique

Le document complet est téléchargeable ici :

Delphine Dupré

Le “côté obscur” de la communication des organisations

Le groupe d’études et de recherches Org & Co de la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication (SFSIC) organise, en partenariat avec le laboratoire MICA, un colloque international qui se tiendra à Bordeaux les 28 et 29 mars prochains.

Le programme est disponible ici.

Depuis une vingtaine d’années, les recherches en sciences humaines et sociales, analysent la complexité des processus et comportements humains au travail, en tentant de s’éloigner d’une vision normative et positive de la vie au sein des organisations. Certains travaux, souvent d’orientation critique, ont notamment entrepris d’analyser des pratiques organisationnelles et managériales peu étudiées parce que problématiques, négatives ou contreproductives du point de vue des dirigeants, ou encore des pratiques négligées ou moralement condamnables.

La métaphore du « dark side » ou du « côté obscur » des organisations, se diffuse dans des travaux de chercheurs anglo-saxons (par exemple Linstead et al., 2014 ; Glomb, Liao, 2003 ; Griffin et al., 2004). Ils interrogent le volet éthique des pratiques mais également la capacité des organisations à mener des démarches réflexives pour faire face à certains aspects de la vie au travail : violence, maltraitance, mensonge, mépris, incivilités, discriminations, etc.

Dans ce contexte, les dimensions proprement communicationnelles de ces phénomènes, voire certains processus communicationnels eux-mêmes, participent du développement de ce « côté obscur ». Là encore des approches critiques proposent des analyses, par exemple sur les tensions contemporaines entre assujettissement et reconnaissance dans le monde du travail (Heller, 2009, 2014 ; Heller, Huët et Vidaillet, 2013) ou encore sur les inégalités numériques (Granjon 2009, 2011). Mais les travaux du champ de la communication des organisations / organisationnelle s’avèrent relativement épars et laissent différentes zones d’ombre et angles morts sur ce thème particulier. Le colloque international Org&Co, accueilli par le MICA (EA 4426), propose donc d’observer, de décrire et de questionner ce que nous envisageons comme le « côté obscur » des organisations et/ou des communications qui les constituent. Il ouvre également un espace de réflexions pour interroger les épistémologies, approches et méthodes à adopter, les problématiques d’accès au terrain ou encore les enjeux éthiques autour des recherches sur ce thème.

Tables rondes sur la prévention des incivilités numériques

Les 5 et 6 juillets derniers, une partie des membres de l’équipe Civilinum se sont retrouvés dans les locaux bordelais du réseau Les Entreprises Pour la Cité pour l’animation de 6 tables rondes.

22 intervenants, professionnels et chercheurs, ont participé à ces tables rondes et se sont exprimés sur les thématiques suivantes : Quelles sont les principales formes d’incivilités numériques qui surviennent dans les relations internes ? Dans les relations avec les publics externes ? Pourquoi s’en préoccuper ? comment les identifier ? Comment les prévenir ?

L’objectif de ces tables rondes est d’alimenter un livre blanc sur “la prévention des incivilités numériques” qui sera publié fin 2018. Ce document consistera en une synthèses des échanges et comprendra des exemples d’incivilités numériques, des méthodes d’analyse et d’identification, des bonnes pratiques etc. Il vise à sensibiliser les organisations et à fournir des éléments de cadrage et d’identification pour l’action.

Image issue du compte Twitter du réseau Les Entreprises Pour la Cité

Avis de publication : courrier électronique et risques professionnels

Les risques liés aux usages internes du courrier électronique : quels enjeux pour la qualité de vie au travail ?

Article publié par Aurélie Laborde dans la revue de l’Anact

Disponible ici.

Extrait : ” Les cadres sont plus nombreux à déclarer être agacés voire excédés par certaines pratiques. Il semble que plus on monte dans la hiérarchie, plus l’agacement s’intensifie, notamment concernant la mise en copie abusive, l’absence de formules de politesse, les fautes d’orthographe, l’excès de pièces jointes et l’agressivité. Le questionnaire et les groupes de discussions ont permis d’identifier un ensemble de problématiques concrètes qui appellent un cadrage organisationnel. Les problèmes rencontrés peuvent être hiérarchisés différemment selon les individus mais un consensus apparaît sur les principaux dysfonctionnements et sur la nécessité de donner un cadre. Ils se divisent en deux grandes catégories : la forme des messages, d’une part (contenus ou formes inappropriés), et les mésusages (usages inappropriés), d’autre part.”

 

 

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